Économie et Marchés Financiers

Économie et marchés financiers au 5 mai 2020

Macro-économie - CIC Market Solutions

Les gouvernements européens continuent de dévoiler leurs stratégies de déconfinement, avec une levée partielle des restrictions de déplacement dès la semaine dernière pour l'Espagne, et depuis lundi pour l'Italie, tandis que la France patiente jusqu'au 11 mai. La gestion du déconfinement reste particulièrement délicate sans avancée médicale décisive. Certes le laboratoire américain Gilead a annoncé mercredi dernier que les premiers tests de son traitement contre le Covid-19 étaient concluants, mais l'impact est limité à une réduction du temps passé à l'hôpital pour les malades sévères. Ceci ne permet pas d'exclure une deuxième vague à l'automne, si bien que les acteurs économiques restent prudents.

Dans ce contexte d'incertitude, la situation économique continue de se détériorer. A ce titre, la publication jeudi dernier d'une première salve de PIB pour le 1er trimestre a dressé un tableau sombre de la croissance dans le monde, avec une baisse sensible de l'activité qui n'est pourtant qu'un avant-goût de la chute attendue au 2ème trimestre, au cours duquel des restrictions plus strictes ont été appliquées.

L'ampleur du creux de l'activité sera plus grande dans les pays les plus fragilisés par la crise sanitaire, à l'image de l'Italie dont la note souveraine a été dégradée par une agence de notation la semaine dernière. Pour s'en sortir, Rome pourra compter sur l'appui durable de la Banque Centrale Européenne, ce que Christine Lagarde, sa présidente, a réitéré lors d'une réunion jeudi dernier. L'institution a aussi cherché à détendre les conditions financières sur le marché du crédit interbancaire pour inciter les banques à soutenir l'activité. Ces annonces ont fait écho à celles de la « Federal Reserve » américaine la veille, qui avait délivré sensiblement le même message, indiquant qu'elle se tenait prête à renforcer ses outils en cas de détérioration additionnelle de l'économie.

Ces annonces n'ont pas suffi pour continuer à porter les indices « actions ». Ces derniers ont reculé depuis la résurgence des tensions protectionnistes entre la Chine et les Etats-Unis en fin de semaine dernière. Donald Trump a en effet, brandi la menace de tarifs douaniers contre la Chine, accusée d'être responsable de l'épidémie, un nouveau facteur de risque à surveiller.

Marchés et gestion - Crédit Mutuel Asset Management

1 - Coté gestion diversifiée :

Alors que la crise du Covid-19 avait entraîné une dislocation brutale des classes d'actifs en mars, les marchés boursiers ont connu un rebond spectaculaire au mois d'avril. C'est d'ailleurs le meilleur mois depuis la crise de 2008 !
Porté par un grand nombre de mesures de soutien mise en place par les gouvernements et les banques centrales, les investisseurs ont donc acheté un « espoir », celui de la baisse du nombre de personne contaminée, oubliant parfois la réalité économique à laquelle sont confrontées nos entreprises. En effet, nombreuses sont celles qui annoncent leurs résultats du 1er trimestre 2020 en cette période, indiquant des difficultés à atteindre leurs objectifs et à donner de la visibilité à leur activité. A cela s'ajoute un environnement macroéconomique morose où l'ensemble des indicateurs publiés apparaissent médiocres : Croissance, consommation, dépenses, investissement . et chômage.sont à la peine.
Dans ce contexte et au regard de la hausse récente des marchés, il nous semble trop tôt pour remettre en place des stratégies plus offensives sur les actifs risqués. Nous continuons à privilégier les thèmes défensifs, la diversification et la liquidité dans nos gammes de produits.
La reprise attendue sera certainement moins vigoureuse et plus graduelle qu'anticipée en début de crise.

  • Sur la valeur liquidative du 30 avril, Flexigestion Patrimoine (FR0010259424) résiste, avec une baisse de moins de 4,90 % depuis le début de l'année.
  • Les fonds profilés oscillent eux, selon leur exposition aux actions et aux produits de taux entre -3,28 % (CM-CIC Tempéré International, FR0000974362) et -16,18 % (CM-CIC Dynamique Europe, FR0010359430), contre des baisses autour de 25 %* des indices CAC 40 ou Euro Stoxx 50®.
  • Les fonds multi-stratégies (Union Dynamique Court Terme (FR0010522615) et Union Dynamique Moyen Terme (FR0010364760)) s'en sortent mieux en raison du retour de la volatilité qui leur est favorable. Ces deux fonds affichent respectivement des performances de +2,71 % et -10,03 %**.

2 - Sur les marchés actions  :

Les marchés actions semblent arriver à un point d'intersection où seule une bonne nouvelle sanitaire pourrait permettre de progresser vers de nouveaux paliers sans que cela inquiète.
La seule certitude reste aujourd'hui la force d'intervention des banques centrales, sur un schéma déjà bien établi mais étendu dans des proportions jamais connues (PPEP, TLTRO etc.).
Pour les incertitudes, les tensions politiques persistent, que ce soit entre la Chine et les USA comme en témoigne l'évolution baissière du Renminbi ou la division au sein de l'Europe très marquée Nord/ Sud quand il s'agit de concrétiser des aides. Comme le rappelle la Banque de France, au milieu de tout cela, toutes les deux semaines de confinement la France perd 1.5% de croissance. Le temps confiné est coûteux et pèsera demain par le service de la dette excédentaire accumulée.
Au niveau des sociétés, en pleine période de publications de résultats, les gérants actions font face à des managements qui arrêtent de se projeter officiellement dans le futur, mais poursuivent un niveau d'information le plus précis possible compte tenu des éléments à disposition. L'information au cœur du stock picking et de la gestion active n'est pas tarie et tend même à s'accélérer : les déplacements bannis favorisant l'enchaînement des conférences.
Les marchés restent soumis à des variations importantes, globalement, mais qui reflètent peu les arbitrages entre secteurs ou types de valeurs qui sont parfois spectaculaires. Si la pharmacie a été un grand gagnant dans la baisse, les phases de rebond rapide favorables aux financières et aux cycliques pénalisent le secteur, comme la semaine dernière. Il convient de ne pas interpréter cela comme un signal de désaffection en termes stratégique. Sur un autre registre, il se peut que les banques, acteurs essentiels de la survie des entreprises dans cette phase, présentent un profil intéressant malgré des politiques de provisions agressives qui impactent mécaniquement leurs résultats trimestriels.
Les arbitrages se nouent et se dénouent dans un cadre d'une volatilité supérieure à 30%, donc avec de fortes amplitudes. Le filtrage du signal de court terme prend tout son sens dans cette période. Les convictions et la discipline des gérants dans la construction des portefeuilles, autour de la hiérarchie des risques pris, permet de renforcer les stratégies spécifiques des fonds. Cela se voit déjà dans les performances même si la volatilité élevée et les performances absolues sont encore négatives (hors fonds CM-CIC Global Gold et CM-CIC Global Innovation positifs) mais à 1 chiffre comme pour les valeurs de croissance (CM-CIC Europe Growth), les grands Leaders internationaux (CM-CIC Global leaders) ou les pépites de demain (CM-CIC PME ETI Actions). Les gestions actions articulent l'essentiel de leurs investissements sur des sociétés à structure financière solide et au développement équilibré, dans le respect des parties prenantes. Les actifs actions ont une durée de placement recommandée qui s'inscrit à juste titre dans le long terme.

3 - Pour la Gestion Opportunités :

Il y a maintenant plus de trois mois que l'épidémie de coronavirus a commencé d'attirer l'attention du monde entier. L'arrivée du virus en Europe puis aux Etats-Unis et les mesures de confinement pour limiter la crise sanitaire ont provoqué une augmentation de la volatilité sur les marchés d'actions.
Nous avons réduit début mars les sociétés particulièrement impactées par la situation sanitaire, dont les perspectives de sortie de crise semblent les plus lointaines. Nous avons réutilisé ces capitaux, en profitant de points d'entrée intéressants, sur les entreprises portées par les tendances de long terme suivantes, présentes de longue date dans les fonds :

  • Les secteurs liés à l'économie durable et à la transition énergétique,
  • Le secteur de la santé qui est en pointe dans la lutte contre cette épidémie,
  • Les secteurs liés au bien-être et à une amélioration progressive de la consommation en Asie,
  • Les secteurs liés à l'innovation et aux nouvelles technologies.

Nous avons ajouté un nouvel axe d'investissement : l'immobilier résidentiel allemand qui offre des cash-flows solides et visibles. Cette classe d'actif est soutenue par le contexte de taux longs bas en Allemagne

Nous sommes en plein dans la saison des résultats du premier trimestre, qui est l'occasion d'analyser plus finement les perspectives à court et moyen terme de nos sociétés. Par ailleurs, une mobilisation internationale des scientifiques et des équipes de recherche est en cours. Et de nombreux résultats d'essais cliniques de traitement contre le virus Covid-19 sont attendus ces prochaines semaines : Chloroquine, Kevzara/Sanofi, Actemra /Roche.

A ce stade, nous privilégions les entreprises de qualité avec un bilan solide, dont le modèle économique est résilient.

  • En ce qui concerne le fonds CM-CIC Flexible Euro (FR0013384336), il affichait une performance de -13,65 % le 17 mars. Sur la base de la VL du vendredi 30 avril, le fonds a commencé à rebondir et sa performance s'établit à -6,97%. Son exposition actions est actuellement à 52%.

4 - Sur les marchés obligataires :

Les marchés de taux ont continué à se stabiliser au mois d'avril, portés par une régression de l'épidémie, les perspectives de déconfinements progressifs, la poursuite des mesures de soutiens budgétaires et des politiques monétaires toujours très accommodantes.

Les taux longs se sont légèrement repliés en avril. Le taux 10 ans allemand a baissé de 0,10% et a terminé le mois à -0,59%.

Les émetteurs privés, tant corporates que financiers ont continué à emprunter massivement sur les marchés obligataires. Les volumes d'émission de dettes privées ont ainsi atteint 80 milliards d'euros en avril. Les conditions de refinancement des émetteurs ont continué à s'améliorer tout au long du mois. Les primes de risque ont en effet retracé entre un tiers et la moitié de l'écartement depuis le pic atteint fin mars. La liquidité a également continué à augmenter.

Les primes de risque des émetteurs périphériques sont quant à elles restées volatiles. L'agence de notation S&P a rassuré les marchés en maintenant la notation BBB de l'Italie, tandis que l'agence Fitch a pour sa part dégradée de manière inattendue la note du pays à BBB- en fin de mois. Cette mauvaise nouvelle n'a cependant eu qu'un impact limité sur les primes de risque italiennes.

En termes de politique de gestion, nous maintenons notre allocation géographique avec une légère préférence pour les pays périphériques. Sur le crédit, nous avons continué à augmenter légèrement notre exposition sur les émetteurs privés aux bilans solides et opérant sur des secteurs moins impactés par l'épidémie.

Achevé de rédiger le 05/05/2020

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les performances sont exprimées en Euro pour les parts indiquées.

* Au 30 avril 2020, le CAC 40 est en recul de 26,76 % et l'Euro Stoxx 50® en recul de 24,80 %.(Source : Morningstar Direct).
** sur la base de la valeur liquidative du 29 avril 2020
YTD : performance depuis la dernière VL de l'année n-1 exprimée en Euro pour la part indiquée
La référence à certaines valeurs est soumise à titre d'illustration. Elle n'a pas pour objectif de promouvoir l'investissement en direct dans ces instruments et ne constitue pas un conseil en investissement. Le portefeuille des fonds est susceptible de modification à tout moment.
Sources : CIC Market Solutions, Crédit Mutuel Asset Management.
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