Décisions :

  • Une vraie réunion de transition, davantage encore que la BCE la semaine dernière
  • La Fed n'a pas abordé en réunion la question de réduire les achats d'actifs (pour mémoire : nous attendons ces discussions pour la fin de l'été)
  • Au point que la réaction des prix des actifs est quasiment nulle, et plutôt à la baisse sur les taux obligataires (mais ceci corrige un mouvement haussier ces deux dernier jours) et le dollar

Analyse :

  • Davantage de confiance exprimée concernant la maîtrise de la pandémie, mais un exercice qui a permis à J. Powell d'ancrer plus encore dans la tête des auditeurs la prudence de la Fed malgré les progrès, et donc que le temps n'est pas venu de modifier quoi que soit
    • Malgré la forte hausse de l'inflation que la Fed confirme attendre, mais avec des éléments toujours considérés comme non récurrents, y compris ceux liés aux difficultés d'approvisionnements.
  • La Fed s'est fixée en décembre un cadre qui la pousserait à réduire ses achats d'actifs. A ce stade, le Fed considère être loin de ce qu'elle s'est fixée (sans les préciser) en termes de progrès substantiels vers les cibles d'inflation et d'emploi
    • De multiples questions visant à évaluer quels critères observer pour que la Fed réduise le caractère accommodant de sa politique monétaire, mais J. Powell s'en est tenu à parler de « progrès substantiels ». Il ne faudra pas forcément que la pandémie soit 100% sous contrôle, mais la maîtrise de cette dernière est une condition sine qua none
    • Les très bonnes statistiques en termes d'emploi de mars les ont rassurés, mais ils en veulent nettement plus
    • Et le concept qu'ils voudront avoir vu avant de modifier quoi que ce soit a été réitéré, sans surprise. Ceci se compare à un comportement historique qui conduisait la banque centrale à agir avant que les conditions d'inflation/ d'emploi soient remplies en s'appuyant sur ses prévisions
  • La Fed réitère qu'un dérapage haussier significatif et durables des anticipations d'inflation la ferait réagir, mais qu'elle n'y croit pas, se référant en particulier à la nécessité d'observer de très nets progrès en termes d'amélioration du marché du travail pour que ceci puisse se produire, ce qui n'est pas attendu avant une longue période de temps

Conclusion :

  • La Fed continue de modérer les attentes concernant la vitesse à laquelle elle va infléchir sa politique monétaire dans un sens moins accommodant. Bien davantage de progrès seront nécessaires pour le marché du travail
  • Cette conférence ne nous conduit pas à modifier nos hypothèses d'une remontée modeste des taux souverains américains d'ici fin d'année. Le dollar baisse certes ce soir, mais nous restons convaincus que le fait que la Fed normalisera sa politique monétaire avant le BCE portera la devise américaine ces prochains trimestres
Achevé de rédiger 28/04/2021 à 22h